Homélie 15 août 2018 (fil conducteur)

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Cheque fête mariale est pour l’Eglise (pour nous donc) l’occasion d’approfondir notre vocation. C’est que l’Eglise est mariale et doit l’être toujours plus. Illustration en 2 points :

(*) L’Eglise est mariale parce que, comme Marie, elle est invitée à entrer dans ce bonheur de croire en l’accomplissement de la Parole de Dieu : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». C’est pour cela que l’Eglise lit la Parole au cours de ses célébrations, c’est pour qu’elle s’accomplisse en nous !  Ce n’est pas uniquement par souci de mémoire historique ou de conservatisme. Ainsi Marie s’inscrit dans l’histoire de son peuple et va l’accomplir. Marie va reprendre le magnificat à son compte.

Toute l’histoire du peuple de Dieu à partir d’Abraham est pleine d’exemples, et c’est nourri par ces exemples et par cette foi que Marie peut prononcer le Magnificat : « Le Seigneur renverse les puissants, il élève les humbles … il comble de bien les affamés, renvoient les riches les mains vides … il relève Israël, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais ». Le choix de l’Evangile en cette fête de l’Assomption a son origine dans cette phrase du magnificat de Marie : « Le Seigneur élève les humbles ». Mieux que quiconque, Marie a été l’humble servante du Seigneur. C’est pourquoi, Dieu l’a exaltée et élevée, et c’est ce que nous fêtons aujourd’hui.

(*) Deuxièmement, l’Eglise est mariale parce que son rôle est de faire naître des croyants à la vie nouvelle des enfants de Dieu. L’Eglise vit cela dans la souffrance, comme la femme de l’Apocalypse. Il y a bien sûr les douleurs de l’enfantement, mais il y a aussi ce dragon énorme et puissant qui est aux aguets et qui est menaçant, attendant que l’enfant naisse pour l’exterminer. La gloire de l’Eglise est de donner la vie, comme Marie, dans une logique d’humble service de Dieu et pour faire grandir la paix et l’amour dans le monde. Or, cette logique divine a ses ennemis, et ils sont féroces. C’est ainsi que de tous temps, des dragons se dressent pour menacer ceux qui naissent à cette façon d’être et qui mettent leur gloire dans l’humble service d’une vie authentique.

L’Eglise doit donc rester humble et se faire serviteur de la parole. Elle doit pouvoir prononcer les mots même de Marie : « Voici la servante du Seigneur ». L’Eglise est cette femme toute auréolée de Gloire, ayant le soleil pour manteau, la lune sous ses pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles et paradoxalement souffrante. Joyeuse et souffrante parce qu’elle donne la vie. L’Eglise toute entière doit (re)découvrir la joie de donner la vie, de faire naître des enfants de Dieu.

Abbé Guy Van Den Eeckhaut