Homélie 19°dim B, 12 août 2018

Dimanche passé, je vous disais que célébrer l’eucharistie présuppose la foi. Je redis la mê me chose ce dimanche. Sans la foi en la résurrection, il n’est pas possible de reconnaître Jé sus lui-même dans le pain eucharistique. C’est parce que nous croyons que le Christ est vivant et ressuscité qu’il se rend présent dans les signes du pain et du vin consacrés, ce n’ est pas le contraire, ce n’est pas notre action qui le rend présent. « Dans l’eucharistie, le Christ nous unit à son corps ressuscité. Si l’homme mange du pain normal, ce pain dans le processus de la digestion devient partie de son corps, est transformé en substance de vie humaine. Mais dans la Sainte Communion, c’est le processus inverse qui se réalise. Le Christ nous assimile à lui, nous introduit dans son Corps glorieux et ainsi, nous ensemble, nous devenons son Corps ». (Benoît XVI)

Eloi Leclerc disait qu’avoir la foi, « croire, était la plus haute activité de l’homme, celle par laquelle il coopère à l’œuvre de Dieu et naît à la vie éternelle ». La foi est efficace, la foi ré alise aujourd’hui ce qu’elle proclame. Benoît XVI appelle le pain de vie aussi le pain de l’ immortalité. Au désert, le peuple hébreu a mangé la manne, mais ils sont morts. Celui qui mange le pain de vie a la vie éternelle. Nous aussi nous allons mourir mais nous savons aujourd’hui que nous ressusciterons. Et cela change tout, cela change notre façon de vivre. Nous sommes dans cet entre-deux, entre notre naissance biologique (notre naissance à la chair) et notre future naissance à la vie éternelle. Nous expérimentons les deux, nous sommes des êtres de chair et d’esprit, nous pouvons déjà naître d’en haut, nous sommes enfants de Dieu, appelé à revêtir l’homme nouveau.

En conclusion, les mots de Benoît XVI à propos de la séquence « Panis angelicus » « Le voici, le pain des anges, / il est le pain de l’homme en route, / le vrai pain des enfants de Dieu ». L’Eucharistie est la nourriture réservée à ceux qui, dans le Baptême, ont été libérés de l’esclavage et sont devenus ses enfants; c’est la nourriture qui les soutient sur le long chemin de l’exode à travers le désert de l’existence humaine. Comme la manne pour le peuple d’Israël, ainsi, pour chaque génération chrétienne, l’Eucharistie est la nourriture
indispensable qui la soutient tandis qu’elle traverse le désert de ce monde, asséché par les systèmes idéologiques et économiques qui ne promeuvent pas la vie, mais lui portent atteinte; un monde où domine la logique du pouvoir et de l’avoir plutôt que celle du service et de l’amour; un monde où triomphe souvent la culture de la violence et de la mort ». « Il est grand le mystère de la foi ! « . Nous ne devons pas nous étonner si, aujourd’hui encore, de nombreuses personnes ont du mal à accepter la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Il ne peut en être autrement. Il en fut ainsi dès le début. Nous voyons dans l’ Evangile que de nombreuses personnes se retirèrent. A l’époque, comme aujourd’hui, l’Eucharistie demeure « un signe de contradiction » et ne peut manquer de l’être.

Renouvelons aujourd’hui la profession de foi dans le Christ vivant et présent dans l’Eucharistie. « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ».

Abbé Guy Van Den Eeckhaut