Homélie 20ième dimanche (B), 19 août 2018 (fil conducteur)

51DD52E0-4A7B-46FA-8C97-8F97B970B828Je prends 3 paroles extraites de l’Evangile et je les commente brièvement :

« Celui qui mange ma chair vivra éternellement, ce n’est pas comme les Pères qui ont mangé la manne, eux ils sont morts ». Mais nous allons mourir également ? Où est la différence ? La différence est que Jésus est ressuscité et que nous croyons en la résurrection. La résurrection ne nie pas la mort physique, c’est un passage, il faut mourir afin de vivre. Le chrétien est dans cet entre-deux, entre la terre et le ciel, il est un être de chair avec ses limites et ses fragilités, mais il est aussi animé par le souffle de Dieu, par l’Esprit Saint qui le sanctifie. Enfant des hommes, il est aussi enfant de Dieu. Et le pain eucharistique est le pain pour la route. Je suis témoin de cela concrètement :

Le fait que Jésus insiste sur le fait de manger sa chair et de boire son sang pour avoir la viepeut choquer. Si Jésus insiste, c’est parce qu’il prépare ses disciples à l’eucharistie qu’il instituera au cours d’un repas pascal. L’eucharistie est un repas sacrificiel, on a tendance à l’oublier. Un repas sacrificiel inversé, mais cela en est bien un. Cad que Jésus n’a tué personne mais c’est le contraire, c’est lui qui a été tué, sacrifié. « « Sacrifier » dans le sens éthymologique veut dire « faire du sacré », entrer en communion avec Dieu. Dans ce sens, « sacrifier » ce n’est pas « tuer » mais « vivre et faire vivre » nos frères devenant leurs serviteurs » (Marie Noëlle Thabut).

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui ». Quelques mots sur la présence réelle. Je vous rappelle ce que j’ai dit les dimanches précédents, c’est-à-dire qu’il y a la présence réelle du Seigneur quand la Parole est proclamée dans la grande assemblée. Dans la liturgie, quand la Parole est proclamée, c’est Dieu lui-même qui parle. On ne lit pas non plus la Parole de Dieu pour que Dieu soit présent, non, c’est l’inverse, c’est parce que Dieu est présent, vivant, à l’œuvre qu’il nous parle quand la Parole est proclamée. Ce n’est pas nous qui rendons Dieu vivant, c’est le contraire, c’est Dieu qui nous rend vivant. !  De même pour l’eucharistie, c’est parce que le Christ est vivant et ressuscité qu’il se rend présent dans les signes du pain et du vin consacrés, ce n’est pas notre action qui le rend présent. L’eucharistie n’est pas une mise en scène, une pièce de théâtre à réussir. Elle présuppose la foi en la résurrection

Abbé Guy Van den Eeckhaut

Paroisses Saint-Pierre, Sainte-Famille et Saint-Lambert