Homélie 24°dim B, dimanche 16 septembre, fil conducteur

Qui est Jésus ? Il est le Christ, le Messie, l’Envoyé de Dieu, notre Seigneur et notre Sauveur, voilà l’essentiel du kérygme, un condensé de notre foi. D’un point de vue théorique, Pierre répond correctement à la question mais il ne comprend pas comment Jésus sera le Messie, comment il remplira cette fonction. Aujourd’hui encore, nous avons difficile à comprendre que Jésus est le Messie, notre Sauveur. Comment parler de Dieu Sauveur aujourd’hui dans un monde sécularisé ? Aujourd’hui, l’homme en Occident a besoin de médecins (pour guérir des maladies), a besoin de psychiatres, nous avons besoin les uns des autres, mais n’a plus besoin de Dieu. Il ne comprend pas comment Dieu pour le sauver.

Le salut que Dieu apporte n’est pas un salut comme un autre, c’est un salut intérieur, une paix intérieure. C’est bien plus qu’avoir la vie sauve, que de rester en vie, que d’être en bonne santé, que de profiter de la vie … La question du salut se pose face à la mort. Pourquoi est-ce que nous vivons si c’est pour mourir ?  Rappelez-vous l’échange de dimanche passé entre Valeria et moi. Pourquoi est-ce que tu vas à l’école ? Pour apprendre. Pourquoi apprendre ? Pour avoir un métier. Pourquoi avoir un métier ? Pour gagner sa vie. Pourquoi gagner sa vie ? Pour fonder une famille. Pourquoi fonder une famille ? …. J’ai répondu à sa place : « pour aimer et être aimé, pour être heureux ». Je n’ai pas été plus loin avec Valeria mais on pourrait aller plus loin aujourd’hui. Pourquoi aimer et être aimé, pourquoi vouloir être heureux, pourquoi vivre finalement ?

Connaissez-vous la réponse ?  Eh bien, c’est pour mourir !  ….  C’est ce que la vie nous enseigne n’est-ce pas ? On va tous mourir !  Et on fait tout pour ne pas voir cette réalité que la vie nous enseigne, on fait tout pour la fuir, et pourtant elle est bien là !  Alors tant qu’à vivre pour mourir, choisissons comment mourir, donnons sens, là est notre liberté, ne mourrons pas bêtement, choisissons de mourir d’amour, « mourir d’aimer ». Car aimer, c’est mourir à soi-même, mourir à son égoïsme, à son orgueil, à sa paresse, à son désir d’être aimé avant tout, ….  « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Evangile la sauvera ». Voilà le salut chrétien, le chemin de vie que Jésus propose à ceux qui veulent le suivre : mourir d’aimer. Vivre, c’est mourir et mourir à soi, c’est vivre. C’est paradoxal, mais nous sentons bien que c’est la vérité, que ces paroles sont vérité et vie. Rappelez-vous le grain de blé, il faut qu’il meure pour qu’il porte du fruit. Le salut chrétien passe par la croix, par le don de soi. Satan est celui qui veut détourner Pierre, qui veut nous détourner de la Croix. Il veut ramener la vie à ses plaisirs, il veut gommer les épreuves et la souffrance, il nous présente un amour facile et faussé, un amour qui ne va pas jusqu’au bout. Gommer la croix, c’est se fermer à l’amour, c’est se fermer au salut de Dieu. Le pape François disait vendredi dans son homélie à l’occasion de la fête de la Croix Glorieuse « que Satan était heureux le Vendredi Saint, il croyait avoir emporté la victoire, avoir anéanti Dieu. Il était si heureux qu’il ne s’est pas rendu compte du grand piège de l’histoire dans lequel il était tombé. C’est à partir de ce moment que la croix devint un signe de victoire ».

Qui est le Christ pour moi ? Je vais répondre. Aujourd’hui le Christ me sauve parce qu’il me remet à ma juste place. Je suis prêtre, ou je suis père de famille, je suis maman, grand parent, je suis marié, je suis jeune ou âgé …) j’ai des responsabilités, il y a des joies mais aussi des souffrances, je ne peux pas fuir ma réalité. Le Christ m’aide à accepter mes fragilités, il m’aime comme je suis, je ne suis pas obligé de rechercher le succès pour être aimé de lui. Il me remet à ma juste place, je suis humain, je ne suis pas Dieu, je ne suis pas le Roi du monde, c’est juste bon d’être soi-même, de devenir plus humain grâce à Dieu.

Avec le psalmiste, je peux rendre grâce à Dieu parce qu’il est mon sauveur : « J’éprouvais la tristesse et l’angoisse, j’ai invoqué le nom du Seigneur.  Seigneur, je t’en prie, délivre-moi. Le Seigneur défend les petits, j’étais faible, il m’a sauvé. Il a sauvé mon âme de la mort, il a gardé mes yeux des larmes, et mes pieds du faux pas. Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants ».

Abbé Guy Van Den Eeckhaut