Homélie 26 août 2018, 21ième dimanche B, fil conducteur

« Ce qu’il dit là est intolérable » ; « cela vous heurte ? » « voulez-vous partir vous aussi » ? Depuis maintenant 5 dimanches, nous lisons le chapitre 6 de St Jean. J’ai déjà pas mal expliqué. Aujourd’hui, je m’attarde sur la deuxième lecture, un extrait de la deuxième lettre de St Paul aux Ephésiens. Un extrait qui choque également. Un extrait qui a bien souvent été mal compris et sur base duquel on a reproché à St Paul d’être misogyne et contre le mariage

Aujourd’hui, je me fais le défenseur de St Paul, je crois vraiment qu’on l’a fort mal jugé. Paul répète d’abord les consignes de son temps, on n’y échappait pas, à savoir la soumission au chef de famille. Mais il équilibre ce que les cultures de l’époque avaient de trop machiste de 2 façons :

D’abord par l’invitation à la soumission mutuelle, « Frères, soyez soumis les uns aux autres », c’est ainsi que commence l’extrait que nous avons lu.

Puis, en exhortant les hommes à aimer leur femme à l’exemple du Christ, cad en étant prêt à donner sa vie pour elle car c’est ce que le Christ a fait pour l’Eglise. C’est une des plus belles pages sur le mariage, mais aussi sur l’amour du Christ pour l’Église. (croire.com)

Mais revenons à la question de la soumission, elle nous concerne tous. Pour changer un peu, je vous raconte l’histoire d’un homme soumis à sa femme, c’est une histoire réelle. C’est un homme qui était au bord du divorce et qui ce jour-là se mit à prier ou plutôt à crier contre Dieu. A bout de force, il eut une inspiration : « Tu ne peux pas la changer elle, mais toi tu peux changer ». Il se mit alors à prier Dieu de pouvoir changer. Et il reçut cette parole à dire à son épouse, cette parole qui a tout changé dans leur vie. Cette parole c’était : « Comment puis-je rendre ta journée meilleure aujourd’hui ? ». La première fois qu’il a posé cette question à son épouse, elle ne l’a pas cru, elle s’est mise en colère, et lui a dit d’aller nettoyer la cuisine. Et c’est ce qu’il a fait !  Le lendemain, il a posé la même question, elle a fait la moue, et lui a dit d’aller ranger le garage. A partir de ce jour, il lui a posé la même question tous les matins. Un jour, son épouse a répondu à la question en disant : « On pourrait peut-être passer du temps ensemble ? ». « Avec joie » répondit-il. Ce fut le déclic tant attendu.

Nous voyons bien que la soumission n’est pas ici servilité mais service. Il ne s’agit pas de renoncer à sa liberté, que du contraire, il s’agit de décider librement de rendre service par amour. Il ne s’agit pas de raisonner en terme d’inférieur et de supérieur ou en terme d’humiliation, mais au contraire en terme de prévenance, d’attention à l’autre. Dans le texte de St Paul, amour et soumission sont synonymes. Dans ce cas, se soumettre signifie : tenir compte de la volonté du conjoint, de son opinion, de sa sensibilité ; dialoguer et non décider seul.

L’amour vrai, c’est désirer le bonheur de l’autre, des fois au détriment du sien. On n’aime pas pour être heureux, cela est un amour égoïste, on aime pour rendre l’autre heureux !

Jésus était soumis à son Père. Son œuvre était de faire la volonté du Père. Nous sommes chrétiens, le Christ est notre exemple, il est mort sur la croix, c’est ainsi qu’il a vaincu la haine et tout ce qui mène à la mort, c’est ainsi que l’amour a triomphé. Nous devons nous aussi sortir de la logique du pouvoir et la renverser complètement. La soumission ne découle pas d’un autodénigrement, elle n’est pas choisie parce qu’on pense n’avoir aucune valeur, c’est le contraire, il faut être fort pour se mettre au service des uns des autres. L’amour vrai a toujours un lien avec la Croix si elle est librement choisie, comme le Christ.

La vraie foi, c’est se mettre au service de Dieu, c’est se soumettre à Dieu, ce n’est pas le contraire. Et souvent nous faisons le contraire. Nous avons du mal à nous soumettre, reconnaissons-le. Parce que se soumettre à Dieu c’est accepter de lutter contre nos péchés. La soumission qu’il faut craindre, ce n’est pas la soumission à Dieu mais la soumission au péché. Alors frères, au nom de Dieu, soyons soumis les uns aux autres, c’est la plus belle des soumission.

Abbé Guy Van Den Eeckhaut

Sources :

« Marie-toi et sois soumise » de Costanza Miriano, Ed. Le Centurion
Site « croire.com »
Site « Aleiteia »
François Varillon

Paroisses Saint-Pierre, Sainte-Famille et Saint-Lambert