Homélie 9 septembre 2018, 23ième dimanche B, fil conducteur

L’Evangile du jour se termine par une bénédiction. La foule ne peut s’empêcher de bénir Jésus pour ses bienfaits, Il fait entendre les sourds et parler les muets.

Quand on lit la Bible, il y a plusieurs lectures possibles : lecture historique, lecture scientifique, psychologique, sociologique, féministe, narrative, dogmatique … mais rien ne vaut la lecture de foi. La lecture croyante consiste à reconnaître que je suis ce sourd-muet de l’Evangile, que des gens m’ont amené à la foi et que Jésus m’a touché et guérit. C’est la façon la plus simple d’actualiser l’Evangile. La Parole de Dieu est pour moi et parle de moi. La participation à l’eucharistie remplit cette fonction d’effata, d’ouverture de nos oreilles et de notre langue à la Parole de Dieu, à son action dans notre vie. Chaque eucharistie est une action de grâce, une bénédiction pour ce que le Seigneur a fait pour son peuple et pour ce qu’il fait aujourd’hui dans ma vie. Toute eucharistie est une bénédiction, nous reconnaissons les bienfaits du Seigneur dans notre vie.

Le travail est une des réalités importantes de notre vie. En ce début d’année scolaire, plus spécifiquement, nous allons bénir cette réalité qu’est le travail, nous allons en dire du bien, au nom du Seigneur, cad qu’il y a un type de travail qui est bon, que le Seigneur approuve. Concrètement, nous allons bénir cette réalité en bénissant les cartables qui sont les moyens mais surtout bénir les jeunes qui débutent une nouvelle année scolaire. Mais nous sommes tous concernés, tous nous avons un travail à réaliser. Dieu a voulu que nous participions à sa Création. La Création n’est pas achevée, elle nous est confiée. Nous sommes créateurs.Cela fait partie de la dignité humaine que de pouvoir être acteur et créateur dans le monde. Le travail ne doit pas être un esclavage mais une participation à la création divine. Pour cela, il doit remplir au moins 3 conditions :

respecter la personne humaine
Construire un bien objectif
Etre au service de la collectivité

 

Nous pouvons bénir cette réalité qu’est le travail. Le pape François nous dit qu’ « aujourd’hui, nombreux sont ceux qui fuient la réalité dans une course effrénée vers les divertissements et les plaisirs. Ils cherchent de plus en plus leur bonheur et le repos dans les distractions, les invitations aux plaisirs et à l’évasion. Or cette mentalité nous fait glisser vers l’insatisfaction d’une existence anesthésiée par le divertissement qui n’est pas repos (qui n’est pas bénédiction), mais aliénation et fuite de la réalité … Or, l’homme a besoin de faire la paix avec ce qu’il veut fuir. La paix véritable en effet, le repos véritable, n’est pas de changer sa propre histoire, mais de l’accueillir, de la valoriser, comme elle est ».

Quand notre vie est vécue en communion avec Dieu, il n’y a plus d’opposition entre le travail et le repos.

« Loin d’être une fuite, le vrai repos est une bénédiction de la réalité, qui, pour nous chrétiens, trouve son centre dans la célébration de l’Eucharistie, -qui signifie «action de grâce». Le dimanche n’est pas là pour effacer les autres jours de la semaine, mais pour se les rappeler, «les bénir et faire la paix avec la vie». Se reposer en Dieu est un choix: il implique de Le laisser agir en nous et de s’éloigner du mal et de la fascination qu’il exerce.

Bénir Dieu, bénir sa vie « suppose une ouverture au Bien malgré les difficultés, les amertumes de notre cœur ». (pape François)